Où en sommes-nous ?


II - OU EN SOMMES-NOUS ?

Voici trois éléments qui vont dessiner le paysage actuel.

A - DEUX COMMUNAUTES PARLENT D’ELLES-MEME :
1) - Le Foyer-Séminaire de Besançon,
2) - Le Foyer Saint Louis de Gonzague (Bordeaux).

1) - Le foyer-Séminaire – son but -ses exigences : A des jeunes de 15-18 ans, désireux de servir dans l’Eglise du Christ, le diocèse de Besançon offre une possibilité de vivre une expérience spirituelle et communautaire .

Ces jeunes font leurs études (seconde, première , terminale, B.E.P. ou C.A.P.) dans un des établissements scolaires de la ville (publics ou privés) qu’ils ont eux-mêmes choisi et vivent en internat au Foyer-Séminaire.

Le Foyer-Séminaire est avant tout une communauté formée de jeunes chrétiens qui, avec l’aide d’adultes, essaient d’entendre, de préciser et de vérifier les appels de Dieu et des hommes et les besoins de l’Eglise pour se préparer à y répondre par un engagement de toute leur vie.

La responsabilité de cette communauté a été confiée par l’évêque à des animateurs prêtres et laïcs. Ceux-ci sont certains que Dieu peut déjà faire signe dans la vie des jeunes de 15-18 ans pour les appeler à un service d’Eglise comme le ministère presbytéral. Aussi ils aident spécialement et accueillent en priorité ceux qui auraient déjà perçu un tel appel.

Bien des jeunes ont aussi un réel désir de suivre le Christ, sont disponibles à ses appels, mais ne savent pas encore sous quelle forme ils pourront servir dans l’Eglise. Ces jeunes-là peuvent entrer en communauté au Foyer-Séminaire. Les animateurs s’efforcent de les aider à envisager leur vie de baptisés en termes de vocation et de leur faire découvrir les différentes formes de service dont l’Eglise a besoin. Conscients du rôle unique et indispensable du prêtre dans les communautés chrétiennes, les animateurs attirent d’une manière particulière l’attention de ces jeunes sur le ministère presbytéral.

Exigences demandées aux jeunes.

L’expérience spirituelle et communautaire que propose le Foyer-Séminaire repose principalement sur quatre exigences que chaque jeune se propose de vivre en y entrant :
1° - Une recherche personnelle du Christ et une disponibilité à ses appels, pour aujourd’hui et demain, à travers la prière, le service, les rencontres et les événements de la vie.
2° - Une vie en équipe comportant en particulier des réunions de réflexion sur ce que vivent les jeunes.
3° - Des rencontres régulières avec un prêtre choisi par le jeune comme "conseiller spirituel".
4° - Les dispositions pratiques de vie commune : horaires, services de nettoyage, silence pendant les temps d’étude, de prière ou de repos.

Orientations :

1° - Le Foyer-Séminaire n’est pas un but en soi mais un lieu de ressourcement. Les jeunes y réfléchissent, y prient et y partagent leurs expériences de vie scolaire, familiale, etc.
2° - Le Foyer-Séminaire est un lieu d’accueil et de réflexion pour d’autres personnes de la ville, jeunes ou adultes, qui veulent partager ce qu’il a de spécifique.
3° —Le Foyer-Séminaire est une "cellule d’Eglise". On cherche à y développer le sens de l’Eglise, notamment par des contacts avec d’autres communautés, par la découverte d’autres visages de l’Eglise, par des engagements dans des mouvements de jeunes (Action catholique, groupes caritatifs, catéchèse, etc.),par des contacts directs avec l’Evêque.

Exigences demandées aux parents :

Dans la mesure du possible, les parents d’un jeune qui entre au Foyer doivent s’engager avec lui et l’équipe des animateurs, en comprenant et en acceptant les exigences, les orientations et le style de vie du Foyer.

Il est donc demandé aux parents :

- de s’informer clairement sur le Foyer-Séminaire où leur fils leur demande d’entrer ;

- de participer activement à la vie du Foyer en cours d’année par la réunion trimestrielle des parents et en transmettant leurs critiques, suggestions ou encouragements soit directement aux animateurs, soit par l’intermédiaire des parents délégués au "Comité de maison".

Exigences demandées aux animateurs, aux parents et aux chrétiens en lien avec le Foyer-Séminaire.

Les jeunes ont besoin de témoins. Non pour les imiter purement et simplement, car les personnes sont différentes et les situations sont mouvantes, mais pour constater qu’il est possible aujourd’hui de vivre du Christ.

Seuls des laïcs ou des prêtres, des parents ou des animateurs essayant de conformer leur vie à l’Evangile pourront aider des jeunes à vivre du Christ et à être disponibles pour un service ou une consécration religieuse dans l’Eglise.

Animateurs, parents ou autres chrétiens en lien avec le Foyer-Séminaire doivent donc être - chacun selon ses possibilités et sa vocation propre - des membres actifs de l’Eglise vivant à leur mesure d’adultes les exigences proposées au jeunes du Foyer. Le doute, la faiblesse ou la lassitude pourront parfois prendre place dans la vie de ces adultes. Peut-être trouveront-ils alors auprès des jeunes eux-mêmes de quoi tenir ou reprendre la route.

2° - Au Foyer Saint Louis. (Bordeaux)

Seras-tu des nôtres ?

1) Crois-tu que les hommes ne sont pas faits pour vivre "à côté", mais pour vivre "en frères" ?
Es-tu décidé à bâtir ici, au Lycée, dans une équipe sportive, dans un club de loisirs, en famille, etc. un monde où il n’y ait d’autres privilèges que celui d’être frères ?

Oui ! Alors, sois des nôtres !

2) Es-tu prêt à faire que d’autres - copains de Lycée, de mouvements... - puissent bénéficier de ce qu’ici nous inventerons ensemble ?
Seras-tu attentif à ce que des personnes ou des groupes pourraient apporter à notre groupe ?

Oui ! Alors, sois des nôtres !

3) Jésus-Christ est-il pour toi quelqu’un d’attachant, soit qu’il te pose question, soit qu’il éclaire ta vie ?
Es-tu capable de lui donner de ton temps pour le mieux connaître ou pour te mettre en sa présence ?

Oui ! Alors, sois des nôtres !

4) As-tu compris que l’Evangile est compromettant et qu’il t’amènera peu à peu
à partager ton argent et tout ce que tu possèdes,
à respecter les autres dans leurs différences,
à te mettre au service de, tous . et en toutes occasions ?

Oui ! Alors, sois des nôtres !

B - QUAND ET POURQUOI ENTRE-T-ON AU FOYER-SEMINAIRE ?

Avec les plus jeunes, le choix des parents joue un grand rôle, mais c’est de plus en plus les garçons qui s’appellent les uns les autres : Bourg-en-Bresse signale, par exemple, que les entrées s’échelonnent de ce fait tout au long de la scolarité. Le cas limite serait celui de Nice où on "entre" surtout pour la Terminale et les années d’université...

Si les prêtres n’ont qu’une action limitée, il semble que les passages de jeunes en groupes, les rencontres de diaspora, de vie chrétienne, etc. jouent un grand rôle.

Quels sont les critères d’admission des jeunes ? Voici la liste qu’en propose Bourg-en—Bresse. Notons les trois approches possibles pour les jeunes qui peuvent correspondre aux trois critères :

1) - Du côté des jeunes :
- un projet de vocation sacerdotale ou religieuse, mais c’est difficile à exprimer.
- un volontariat pour une certaine vie de communauté avec vie d’équipe, partage, vie fraternelle, services rendus, prières, partage d’évangile, célébrations, engagements du jeune sur son école, son village, mouvements, catéchèse.
- une volonté d’ouverture à Dieu, aux autres, aux besoins du monde.
Une volonté de répondre aux appels de Dieu pour le service de l’Eglise...
Bien sûr, tout cela monnayé suivant les âges.

2) - Du côté des familles :
- un engagement avec le Foyer et une collaboration. Qu’il y ait identité de vue et de pédagogie.

Un Foyer-Séminaire accueille donc en priorité les garçons qui expriment un projet de vie sacerdotale ou religieuse.
Certaines maisons le réaffirment nettement.

"La communauté du foyer veut permettre un choix de vie au service de l’Eglise. Naturellement, l’accent est mis sur la vie sacerdotale et religieuse. Nous voulons de plus en plus insister sur cet accent". (Chalon-sur-Saône).

"Nous ne proposons le Foyer qu’à des jeunes ayant exprimé un projet de sacerdoce, projet plus ou moins clair, mais réel. Dans la suite, si le projet du sa-disparaît, le jeune comprend de lui-même qu’il n’a plus sa place du Foyer... Cette homogénéité se révèle bénéfique par comparaison au passé... " (Nantes).

Cependant, Bourg-en-Bresse notait qu’il n’était pas facile, dans l’adolescence, d’exprimer un projet de ministère ou de vie consacrée. De là, malgré l’intention des éducateurs, un silence sur le prêtre qui peut donner le change. Ce silence ne doit pas être approuvé, mais il s’explique par deux motifs :

  • - ce qu’il convient d’éduquer, c’est la vocation d’aujourd’hui plus que celle de demain. Aujourd’hui, le jeune est un laïc, et c’est dans sa vocation de laïc que peut s’enraciner et s’exprimer ce que Dieu l’appelle à être. Tel éducateur interroge un jeune particulièrement actif :
    - "être prêtre, y penses-tu quelquefois ?
    - "ça se voit, non ?"
    Pour ce jeune, tout son dynamisme était motivé par le projet dont il ne parlait pourtant pas. L’intérêt du présent éclipse les perspectives d’avenir.
  • - De plus, les jeunes ne peuvent se référer à certains modèles actuels de prêtre. Ils veulent bien tout ce que Dieu leur demande, mais ils ne peuvent imaginer que ce soit d’être prêtre comme tels ou tels...

Cela ne justifie pas le silence, mais il ne peut être question, non plus, de parler sans lien avec le vécu. Il y a des seuils de possibilité et d’opportunité différents, d’ailleurs selon les lieux et selon l’âge des garçons.

C - LES TYPES DE MAISONS.

On vient de parler des critères d’admission et on constate leur diversité. Celle-ci est une évidence dans d’autres domaines aussi. Voici l’esquisse d’une ’ typologie des 83 maisons qui existent actuellement.

  • Des maisons scolarisées visent une éducation globale : le scolaire, le manuel, le sportif, le loisir, le culturel sont pris en compte avec compétence, avec d’heureuses et multiples innovations. Etre scolarisé apparaît alors comme une chance. (St-Sulpice-la-Pointe, Tarn).
  • Des collèges-séminaires sentent la nécessité d’une animation particulière pour ceux qui "en veulent plus". On encourage ou l’on autorise la création de mouvements, de groupes de prière, etc. à l’intérieur de la maison. (Bitche).
  • Des juvénats et écoles apostoliques mettent l’accent sur l’expérience de prière, sur l’ouverture missionnaire et sur la vie partagée entre les jeunes et les religieux. (Crest).
  • Des Foyers se présentent comme une communauté, mais une communauté qui éclate sur le monde des jeunes. Souvent, un temps de recul est nécessaire pour que malgré de multiples présences à l’extérieur, la communauté existe et puisse être source. (Besançon).
  • Un dernier type serait - dans le 2° cycle - celui des maisons qui soulignent l’importance de la "relecture". Ce qui est vécu dans les solidarités naturelles à l’extérieur, est repris, confronté, prié. (Nevers).