CÚlibataire et heureuse !


Anne-Marie Oliveau



Le célibat, quand il n’est pas choisi, pose douloureusement la question de l’orientation de sa vie. Il faut en effet trouver par soi-même sa propre fécondité, inventer un chemin qui ait du sens.


D’un célibat non choisi…

Dès mon entrée à l’école maternelle, j’ai voulu devenir « maîtresse ». Pour moi, enseigner, c’était transmettre son savoir aux enfants, leur partager des connaissances, leur faire découvrir le monde, donc un métier merveilleux. On disait même parfois une vocation !
J’avais donc en tête un projet de vie tout tracé : d’abord faire mes études pour devenir professeur puis me marier et avoir des enfants. Le projet professionnel s’est bien réalisé. Il a certainement pris beaucoup de place dans ma vie… trop ? Toujours est-il que, les années passant, l’état de célibataire s’est imposé à moi sans l’avoir choisi.


A un célibat accepté…

Il y a quelques années, en participant à l’animation d’une récollection pour les 4e-3e, j’ai découvert une phrase de la bienheureuse Marie-Louise Trichet qui a résonné très fort en moi : « Je suis fort contente de l’état où Dieu veut que je sois. » Je me suis dit alors qu’il était inutile de rêver à une autre vie puisque c’est celle-là que Dieu me donne à vivre. Faisons-lui confiance. Dieu veut le bonheur de chacun, donc on peut être célibataire et heureuse !


Pour une vie féconde !

Pour les célibataires, le bonheur ne se construit pas à deux mais se construit avec les autres. C’est dans les relations avec les autres que l’on se donne et que l’on se reçoit.
Les autres, ce sont les élèves même s’ils ne sont pas toujours convaincus que je veux leur bonheur ! Ce sont les collégiens que j’accompagne en catéchèse, en groupe de confirmation, à la paroisse depuis plusieurs années. Ce sont les jeunes rencontrés plus ponctuellement aux récos, au pélé de Lourdes ou aux JMJ… Ce sont les personnes handicapées et leurs jeunes accompagnateurs avec qui j’ai pu vivre des moments très forts cet été à Cologne. Ce ne sont pas « mes » enfants mais ce sont des jeunes avec lesquels je fais un bout de chemin. Je ne les revois pas toujours après, mais j’espère que ce qui a été semé germera pour les aider à trouver un sens à leur vie et à grandir dans la foi.
Les autres, ce sont aussi les prêtres qui m’ont appelée à accompagner ces jeunes bénévolement ou comme animatrice laïque en pastorale. Grâce à eux, je peux vivre des temps forts qui nourrissent ma foi dans une Eglise joyeuse et vivante.
Les autres, ce sont aussi la famille et les amis sur lesquels je peux compter. L’équipe ACI qui m’aide à relire ma vie. Les couples et les célibataires avec lesquels je pars en vacances. Quand le sentiment de solitude pourrait pointer, ils et elles sont là !
Pour moi, l’amour de Dieu passe par l’amour des autres.


Témoignage paru dans
Vocations-Vendée, décembre 2005